Envoi des Bénévoles du BP

J'ai le privilège de partager avec vous quelques réflexions sur ce qu'on entend par "envoi" et pourquoi il est si approprié d'utiliser ce terme pour cet événement. Aujourd'hui, nos bénévoles se joignent officiellement à nous dans une relation formelle pour cheminer avec nous dans la mission vers tous ceux que nous accompagnons au Bon Pasteur. Ils partagent non seulement ce que nous faisons, mais qui nous sommes. Leurs paroles et la réception de leurs symboles BBP leur donnent maintenant l'autorité, pourrait-on dire, de nous représenter officiellement comme co-missionnaires, d'agir et de parler en notre nom, et surtout de témoigner de nos valeurs fondamentales, ces valeurs que nos fondateurs, saint Jean Eudes et sainte Marie Euphrasie, ont transmises au fil des siècles à tous ceux qui ont vécu et servi le Bon Pasteur (Sœurs et partenaires en mission) qui, à ce jour, sont morts et oubliés, des milliers dans 72 pays. Pensez-y - quel privilège, quelle responsabilité, quelle grâce et quelle joie !

 

Pour nos Bénévoles du Bon Pasteur, il y a des valeurs fondamentales très spécifiques qu'ils adoptent - nous les appelons les quatre principes des BBP - simplicité, communauté, spiritualité, et justice sociale. Ces principes sont très spécifiques et délibérément choisis avec le plus grand soin, et ils sont plus nécessaires aujourd'hui que jamais. Nos BBP reconnaissent que pour faire le travail réparateur de la justice sociale, il faut une vie spirituelle profonde, une vie qui recouvre et implique la communauté à tous les niveaux, un style de vie simple qui les appelle à vivre en solidarité avec ceux qu'ils servent, (en particulier les pauvres et les marginaux) et qui les appelle à faire des choix difficiles quant à l'allocation des ressources. Fondamentalement, pour eux, le mot à court terme qu'ils utilisent pour cela est "Just Love". Ce qui nous donne de la joie, c'est moins celui qui nous aime ou que nous pensons ne pas nous aimer, mais celui que nous avons aimé comme expression de cet amour divin à cause de la réalisation de l'immense amour que Dieu nous a donné en premier. SME l'a dit "J'ai seulement aimé, mais j'ai aimé de toute la force de mon âme." Elle donnait sa joie aux autres, et gardait les parties difficiles de ses luttes plus pour elle et quelques proches confidentes. C'est pourquoi nous avons besoin de tous ces "principes" dont nous parlons et qui ont tous été présentés au cours de la semaine dernière. Dieu sait que nous avons assez d'anxiété, de dépression, de division et de personnes sans joie que nous voyons tous les jours. Mais comme il est à contre-courant et rafraîchissant de rencontrer des gens de joie, des gens qui ont reçu le bien, des gens qui ont entendu l'annonce de l'amour de Dieu et le croient et le vivent et veulent le proclamer et le célébrer. C'est un cadeau gratuit (qui va au-delà de ce que nous pouvons accomplir professionnellement) donné à des gens qui aiment tout simplement."

 

À l'heure actuelle, recevoir cette responsabilité et cette charge d'être co-missionnaires peut sembler effrayant, et nous pouvons penser que nous ne sommes peut-être pas assez "saints". Mais Thomas Merton a dit qu'être saint, c'est être soi-même. D'être le meilleur soi que vous avez été appelé à être.

J'aimerais partager une histoire racontée par un jésuite, le P. Michael Nimes, SJ. Pendant des années, il a exercé son ministère à Notre-Dame et a été reconnu comme l'un des professeurs les plus influents. Il est en Colombie-Britannique depuis 30 ans et il raconte l'histoire de sa mère, qui a commencé à souffrir de démence très grave. Elle avait toujours vécu avec lui ou près de lui, et lorsqu'il lui a été impossible de s'occuper d'elle à la maison, elle est allée dans un très bel établissement infirmier près du collège. Tous les soirs pendant 6 ans, il allait la voir, lui parlait, la nourrissait... et elle ne savait pas qui il était, juste un homme gentil qui lui rendait visite... Un soir, peu avant son décès, elle lui a parlé et, en réponse à sa question sur qui il était, elle a répondu qu'elle ne savait pas qui il était, mais qu'elle savait, "qu’il était quelqu’un qu’elle avait beaucoup aimé ". Il a ensuite appelé son frère, Kenneth (un théologien franciscain). Il a dit à son frère et à sa famille que sa mère avait raison. Elle était la théologienne par excellence de la famille. Car Il s'agit moins de qui nous aime que de qui nous avons aimé et comment nous avons aimé. Il s'agit de l'amour, de la grâce, du bien, du grand signe de l'œuvre de Dieu.

La mère du Père Nîmes avait raison, et Marie Euphrasie avait raison. "J'aimais seulement, mais j'aimais de toute la force de mon âme." Avec un peu de chance, nous pouvons aussi l'avoir, si nous aussi nous "aimons juste" et voyons quelle JOIE cet engagement peut apporter à tous ceux que nous rencontrons.

 

Sr Marie Francis Lomeo