Ste Marie Madeleine

 

Aujourd’hui, 20 ans après l’intervention de  María Teresa Porcile Santiso à l’Assemblée Générale Contemplative de, nous publions des fragments de son discours inaugural

Marie-Madeleine, femmes contemplatives

Sr. Edith Olaguer Province de New York-Toronto

 

Aujourd’hui, 20 ans après l’intervention de  María Teresa Porcile Santiso à l’Assemblée Générale Contemplative de, nous publions des fragments de son discours inaugural

Aujourd’hui, c’est avec grande joie que nous pensons á Marie Madeleine comme femme contemplative.  C’est une nouvelle vision de l’histoire de la spiritualité.  Aujourd’hui,  on redécouvre Marie Madeleine.

Dans le jardin, selon Jean 20, Marie Madeleine est seule.  Les jardins bibliques indiquent une géographie.  La Bible s’ouvre et se ferme dans un jardin.  Dans le premier “jardin”, selon la traditions Yahviste, dans Genèse 2, il y a la scène de la création d’Adam (être humain) de "ish" (homme) et de "isha" (femme).   C’est écrit que “Dieu planta un jardin” avec des rivières pour arroser ses plantes et ses arbres.  C’est un jardin que doit être cultivé et duquel il faut prendre soin.  Il semblerait qu’Adam n’a pas pu le faire seul, il a eu beoin d’aide.  Alors, Dieu a endormi cet Adam – l’humanité – et de lui un nouvel être est surgi, un être pouvant être nommé (lui-même nomma cette partie dormante de son être qui apparaît maintenant devant ses yeux.)   Le Dieu-Créateur, potier dans le verset 7, se transforme en chirurgien. Il fait une opération dans la chair, en faisant un trou dans “l’Humanité” et en créant la différence. Le trou s’ouvre.  Alors l’homme "ish" parle et donne à cette femme qui est face à lui le nom de "isha."

Comment pourrions-nous ne pas penser, à ce point-là, à cet Adam qui sera Jésus, dormant sur la Croix, réveillé du sommeil de la mort et comment ne pas penser à la tombe vide, au creux dans la terre dans lequel son corps fut déposé ?.  Réveiller le Christ sera le protagoniste d’une rencontre de re-création dans ce jardin de la 'deuxième Genèse'. Cet Adam parle et dit "Femme" exactement comme le premier a dit "Isha".  Mais ici il y a une grande différence.  Dans la Genèse "Isha"  n’a pas répondu. Elle a laissé Adam parler, elle s’est laissée nommer. La nouveauté  dans le jardin de la Résurrection est dans le fait que, quand ce nouvel Adam a nommé la femme, celle-ci a répondu.  Elle était en train de chercher le corps de la personne qu’elle aima, elle le voulait même s’il était mort. Sa réponse était dans la recherche et elle l’a faite explicitement ... "dis moi où tu l’as mis"   ...   tu, le jardinier.

Le jardinier utilise son nom pour l’appeler, il utilise son nom propre, personnel, intime, "Marie."  En s’écoutant appeler, elle le reconnaît et, à son tour, elle utilise son nom pour l’appeler, mais non pas son nom personnel ; elle se dirige à lui en l’appelant "Rabbouni"    (Maître).  Elle l’appelle dans le cadre d’une relation.

Dans les deux histoires, la Bible nous fait découvrir le el  "Jardin", l’endroit de toutes les rencontres amoureuses – d’où le Cantique des Cantiques qui nous fait chanter cette recherche en huit chapitres. Au cours de l’histoire du salut, entre le Jardin de la Création et celui de la re-création/Résurrection, il y a ce jardin d’amour qui est l’éruption de l’éternel dans l’histoire.  Ce jardin du Cantique est, pour ainsi dire, une rencontre d’Amour, où la terre entière est le jardin.

Le premier jardin de la Genèse et le jardin de la Jérusalem célestielle sont cosmiques et universels :  ce sont la volonté de Dieu de nous créer pour avoir harmonie et communion.  Pour cela, la rencontre de ce matin de nouvelle Création aura lieu dans un jardin.  Donc, l’histoire commence de nouveau, non pas comme un retour mais plutôt comme une évolution.

Face à la femme anonyme de la Genèse, 'isha,' qui n’a pas parlé et n’a pas répondu en écoutant l’homme 'ish' l’appeler, il y a maintenant une femme qui a un nom propre, "Marie", qui non seulement parle, mais elle répondra aussi au Maître et devra l’annoncer.  C’est cela peut être la caractéristique distinctive dans la figure de Marie Madeleine.  Ce matin de Résurrection, à travers cette rencontre avec Jésus, s’ouvre une nouvelle création.  Tout commence de nouveau – toutes les choses sont faites de nouveau.