172 ans d'histoire à Nazareth, Province de l'Europe BFMN

Angers, 96, rue de Nazareth. 200 personnes ont assisté à la messe d’action de grâce présidée par Mgr Delmas, évêque d’Angers. Parmi elles, les religieuses, les associations partenaires, des salariés, personnes associées à la mission, des familles de migrants. Article et photo par : Mireille Puau

 

Trente ans qu’elle n’avait pas accueilli de cérémonie. La chapelle du site de Nazareth a rouvert ses portes, hier, pour une dernière célébration eucharistique présidée par Mgr Delmas, évêque d’Angers.

Moment hautement symbolique pour les sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur qui occupaient les lieux depuis … 172 ans. Vendue à un promoteur immobilier, cette propriété de 5 ha accueillera  prochainement des logements. « Aujourd’hui, les sœurs ne sont plus en capacité de gérer une telle surface et d’y accueillir les personnes migrantes », explique Elodie Comoy, chargée de communication. Il y a trois mois, 35 familles de migrants y étaient encore installées. « Elles ont été relogées dans de nouveaux lieux d’hébergement avant l’été », précise la jeune femme.

Le site, rattaché à la Maison Mère installée rue Euphrasie-Pelletier a Angers, a rempli au fil des années plusieurs missions. En lien avec son temps. Acquise en 1846 par la fondatrice de la Congrégation, Sainte Marie-Euphrasie Pelletier, cette ancienne ferme a d’abord servi de ressource alimentaire à la Maison Mère.  «Nous venons donc d'acheter une immense ferme et nous y trouvons des provisions de tous genres: pommes de terre, bois, fourrages... pommes et fruits en quantité. Il faut un grand quart d'heure pour y aller!» (Lettre à Soeur Marie de St Jean de la Croix David, Supérieure à Munich, Bavière, 21 mai 1846)

Des Enfants et des femmes dans la précarité

Mais Nazareth a aussi vocation à devenir une « colonie agricole ». Jusqu’en 1885, on y forme les jeunes détenues aux travaux de la campagne en leur donnant une éducation morale. Depuis 1858, le site accueille également des enfants de femmes en difficulté puis, à partir de 1955, des jeunes filles placées. En 1979, Nazareth se trouve vers les femmes seules en difficulté. « La ferme cessera d’être exploitée en 1987, des terrains seront vendus à la ville d’Angers entre 1977 et 1989 », précise la congrégation. En 2008, le conseil provincial met ses bâtiments vacants à l’accueil des migrants.  Une mission qui va perdurer dix ans sur le site. Aujourd’hui, les six sœurs encore hébergées à Nazareth vont continuer leur apostolat dans d’autres communautés en France. Deux d’entre elles vont rejoindre la Maison Mère à Angers, ou se poursuit le travail mène auprès des femmes et des enfants en difficulté dans la précarité avec l’aide des partenaires.

 « COURRIER DE L’OUEST », ANGERS - 09/03/2018