Qui écoutera leurs histoires?

 

Un voyage inconnu à la représentation, par Donatus Lili

 

  • une période d'incertitudes, lorsque les Sœurs de Notre-Dame de la Charité s’associaient avec le Bon Pasteur, en 2016, j'étais le lien de Justice Paix pour la province du Kenya et plus tard de l'ONG régionale désignée pour l'Afrique dès janvier 2017. En priorité sur ma liste, figurait un cours à suivre sur le développement durable (février-mars).

 

Cela peut sembler simple, mais c'est complexe, exigeant et engageant. Le Forum politique de haut niveau (FPHN) : processus des Nations Unies qui examine la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) des États membres qui a eu lieu en juillet, et le Kenya était l'un des États dans la liste des pays à observer. Et pour cela, on s'attendait à beaucoup de moi: entre autres de localiser les bureaux des Nations Unies à Nairobi pour commencer, de rechercher les organisations qui travaillent à l’atteinte des ODD et la mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour le développement durable, y compris les organisations non gouvernementales, et les ministères. J'ai identifié au Kenya le Forum de l’implantation du plan «Leave No One Behind» pour l’atteinte des ODD où j’ai été admise. Cette plate-forme compte environ 38 organisations, parmi elles : GCAP, FEMNET et CIVICUS. Elle a été créée pour renforcer les capacités des groupes de la société civile travaillant au niveau du comté pour engager les communautés à adopter progressivement les nouvelles priorités de développement. Dans le cadre d'un dialogue organisé le mardi 9 mai 2017 à Ufungamano House, à Nairobi, j'ai participé au panel qui a rédigé l'examen de l’ODD #3. Et, j'ai pu préconiser l'insertion d'un traitement médical gratuit ou subventionné pour le traitement de la fistule dans une déclaration faite au gouvernement kenyan.

 

J'ai assisté au Forum régional africain pour le développement durable (FADD) à la Commission économique pour l'Afrique (CEA) à Addis-Abeba du 17 au 19 mai 2017. Ma contribution au Forum a conduit à la mention de la fistule et du traitement du cancer au paragraphe 18 (b) comme messages clés du FADD en affiche à l’entrée de la CEA au FHDD. Plusieurs ateliers ont été organisés au cours de ce Forum. J’ai appris l'importance d’adopter une approche uniforme en Afrique pour l'éradication de la pauvreté, la faim, la qualité de la santé et l'égalité entre les sexes.

 

Du niveau régional au niveau mondial, j’ai séjourné au bureau BIJPBP à New York du 25 juin au 27 juillet pour participer au Forum politique de haut niveau sur le développement durable(FHDD). L'orientation au bureau BIJPBP fut chargé de la formation sur les objectifs de développement durable au niveau des médias sociaux. Le BIJBP a publié les articles sur la position du Bon Pasteur et les multiples activités avec l'aide de Sr. Winifred Doherty, Mme Clare Nolan et de Cecilie Kern.

Il s'agissait notamment de préparer une présentation pour un événement parallèle auquel j'étais membre. L'événement intitulé : « de la pauvreté à la prospérité: histoires partagées d'ONG travaillant avec des communautés». Il a eu lieu le 11 juillet à la Mission permanente de l'Irlande auprès de l'ONU. Ce fut parrainé par la Congrégation de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur. L'ambassadeur David Donoghue, de la Mission permanente de l'Irlande à l'ONU fut le modérateur.

 

J'ai assisté au Forum politique de haut niveau (FPHN), un processus des Nations Unies pour examiner la mise en œuvre des objectifs de développement durable au siège de l'ONU à New York. Il s'agit du processus principal des Nations Unies sur le développement durable qui fournit un leadership politique, des conseils et des recommandations. Ce forum a été divisé en deux parties. Les cinq premiers jours, du 10 au 14 juillet, ont été consacrés à un examen thématique des ODD # 1, 2, 3, 5, 9, 14, 17 et leurs interrelations. La deuxième partie, du 17 au 19 juillet, a été consacrée aux Rapports de Volontaires Nationaux (RVN) de 43 États membres: 7 d'Afrique, 11 d'Amérique latine et des Caraïbes, 12 d'Europe et 13 d'Asie. Le Kenya faisait partie des 7 États africains à examiner.

 

La Congrégation Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur est pleinement impliquée dans les activités de base, comme je l'ai été et j'aime l’être. Le BIJPBP a élargi mon horizon. J’ai pu constater que nous avons répondu depuis plus de 300 ans aux ODD, en marchant sur les traces de nos fondateurs, St. John Eudes et Ste. Mary Euphrasia. Mes antécédents en matière de conseil, de psychologie et d'implication auprès des femmes vivant dans des situations de vulnérabilité, des

 

 

enfants vivant dans les rues et des enfants exploités m'ont préparée non seulement à les écouter, à les conseiller, à les réhabiliter mais aussi à défendre leurs droits. Notez que, bien que j’utilise les mots : «enfants de la rue» et «enfants exploités dans le trafic», mais, je suis désormais plus alerte aux concepts de personne et de droits de l'Homme, ce qui m’amène à différencier la personne de la situation et je parle dorénavant «d’enfants qui vivent dans les rues», ou «d’enfants victimes de la traite.»

 

Tous les ODD sont interconnectés; par exemple pour éradiquer la pauvreté : Il faut mettre fin la famine, avoir accès à l'eau potable, à l'éducation, à un système de santé, avoir les écosystèmes maritimes sains, des infrastructures, de l'innovation, à l'égalité pour tous, un partage équitable des ressources, la paix, la justice, la fin des pratiques nuisibles telles que les mariages précoces, les mariages forcés et surtout l'égalité des genres. Tant que l'inégalité entre les sexes persiste dans le monde entier, nos nouveaux ministères devront aborder non seulement l'égalité entre les sexes, mais tous les ODD pour offrir un modèle holistique de développement. La persistance de la violence à l'égard des femmes et les pratiques néfastes se poursuivent: 1 femme sur 4 âgée entre 20 à 24 ans était mariée avant 18 ans en 2015, 1 fille et une femme sur 5 entre de 15 et 49 ans étaient victimes de violence de la part d’un partenaire.

 

L'une des séances a révélé que les femmes sur le terrain ne sont pas consultées de manière significative dans l'examen des ODD. Pour les quelques-unes consultées; elles ne sont consultées que sur les questions de genre, en non sur tous les ODD. Dans un atelier organisé pour l'ONU les 15 et 16 juillet dans une Église sur les plates-formes transversales de la société civile, l'un des participants s'est interrogé: "les femmes ne sont-elles pas affectées par les changements climatiques?" C'est l'une des nombreuses lacunes et régularités des données et des rapports. Plus souvent, les femmes à un niveau moins élevé sont invisibles dans la mise en œuvre des politiques et par conséquent dans les revues nationales. Ce qui se reflète dans le dossier des pensions vieillesses, où les femmes sont moins couvertes par leurs homologues masculins. À partir des examens des volontaires nationaux, la plupart des pays développés ont mis en place des régimes de retraite obligatoires, publics ou privés, qui atteignent une couverture quasi universelle. En revanche, dans les régions moins développées, les pensions de vieillesse ne couvrent qu'une fraction des personnes âgées. Voici quelques-unes de mes observations des examens: il est clair que la gouvernance patriarcale est une menace et un défi majeur pour l'égalité entre les sexes; et il est indispensable de changer les stéréotypes sur les femmes et les filles. La couverture des pensions est généralement plus faible chez les femmes que chez les hommes, en raison de leur surreprésentation dans le secteur informel, chez les travailleurs autonomes et dans le travail familial non rémunéré.

 

En solidarité avec les délégués kenyans, les ONG kenyanes ont été invités à faire un aperçu de l'Examen national kenyan à la Mission permanente du Kenya auprès de l'ONU le 13 juillet, tout en soulignant la nécessité d'une collaboration inclusive entre le gouvernement et les ONG dans la mise en œuvre des ODD. Après que le Kenya ait présenté sa déclaration aux Nations Unies, l'honorable Irungu Nyakera, secrétaire principal du ministère des Transports et de l'Infrastructure, a été invité à dîner le 18 juillet. Ce fut un signe de collaboration et de solidarité.

 

Conclusion: Le Forum politique de haut niveau a pris fin pour la session 2017. Espérant que la tenue annuelle de ce forum puisse accélérer le rythme de mise en œuvre, déclencher une volonté politique et encourager les gouvernements et la communauté mondiale à mobiliser les ressources nécessaires pour mettre pleinement en œuvre l'Agenda 2030 en faveur du développement durable Développement, et donc sortir des millions de personnes de la pauvreté.

 

Juillet 2017