Réseau de lutte contre la traite

Engagement du Bon Pasteur en Asie Pacifique

 

Du 21 au 27 octobre 2016, 51 participants venus de 18 pays de l’Asie Pacifique se sont réunis à Maryridge, Tagaytay, Philippines, pour un atelier de construction des capacités sur la lutte contre la traite. Un plus petit atelier s’est tenu en 2011 ; depuis, presque tous les pays d'Asie-Pacifique où la congrégation du Bon Pasteur est présente, se sont engagés directement ou indirectement dans cette lutte. Le cercle de responsables d'unité en Asie Pacifique (APC) a réclamé de suivre l'atelier qui a été organisé par l'équipe centrale de Justice et Paix d’Asie Pacifique. Les travaux ont débuté à la fin 2015 avec un sondage qui a été envoyé à toutes les unités, visant à rassembler des informations sur les éventuels besoins et les domaines nécessitant soutien et assistance. L'équipe centrale a travaillé avec S. Clare Nolan, qui a animé l’atelier, et Mme Thérèse Symons, du Bureau pour le Développement des Missions en Asie Pacifique.

Réunir des représentants engagés dans le travail de lutte contre la traite, avait pour but de s’écouter les uns les autres et d’apprendre les uns des autres, d’encourager le partage des ressources et de travailler plus efficacement ensemble. En conséquence, un réseau est né ! La première partie de l'atelier portait sur les « quatre P » de la lutte contre la traite : Protection, Poursuites, Prévention et Partenariat.

Les intervenants arrivaient de toute l’Asie Pacifique ce qui permit de mieux comprendre l’étendue de l’expérience au sein de notre région : Mme Marietta Latonio des Philippines, qui travaille avec la Maison d’accueil du Bon Pasteur pour les femmes victimes de la traite à Cebu, et est co-auteur d’un livre portant sur le vécu de ces femmes relaté depuis sa propre expérience en matière de protection ; Mme Willa Mowe de Malaisie, qui travaille avec les femmes migrantes et les victimes de la traite, et a évoqué les poursuites et les problèmes intervenant lors des démarches visant à assurer leur sécurité ; M. Bimol Bhetwal du Népal, qui a parlé de prévention et a souligné l’importance d’une stratégie à plusieurs volets en matière d'éducation et de prévention ; Mme Theresa Symons a parlé du partenariat et de l’importance des partenariats du Bon Pasteur, et elle a également évoqué nos partenariats avec d’autres ONG qui partagent nos mêmes idées.

Dans la deuxième partie de l’atelier, les participants ont reçu un aperçu régional du phénomène de la Traite en Asie Pacifique et de l’importance du rapport sur la traite des personnes produit par le département d'État américain. Les données ont été présentées par S. Clare et Thérèse Symons. Les participants ont été invités à se familiariser avec la section de ce rapport qui concernait leur pays, un exercice utile pour aider à comprendre la façon dont les gouvernements réagissent ainsi que l’importance de la manière dont les ONG contribuent à ce rapport.

Un moyen pour plus efficacement défendre les victimes de la traite et faire pression en faveur de leurs droits consiste à bien documenter leurs histoires. Mme Kathy Landvogt, qui est à la tête du Centre de Recherche, Développement et Plaidoyer pour les femmes (WRAP) au Bon-Pasteur pour Australie/Nouvelle Zélande, a donné son avis sur l’importance des meilleures pratiques pour monter des dossiers solides, et sur les structures, les politiques et les procédures qui contribuent à l’efficacité des dossiers et du plaidoyer.

L’avant-dernier jour, S. Clare a guidé le groupe dans une session intitulée « Passer à l’action ». Chaque unité a travaillé sur l’élaboration d’un plan d’action pour apporter à leur unité ce qui permettrait d’utiliser une approche fondée sur les droits de l’homme dans la lutte contre la traite.

A la clôture de l’atelier, Clare a dirigé une session intitulée « Vision : un réseau de lutte contre la traite pour l’Asie Pacifique ». Le travail en petits groupes de discussion, a permis aux participants d’identifier une « vision » claire pour le travail de lutte contre la traite des personnes dans leurs unités, et en Asie Pacifique. Lors de la clôture, un participant de chaque unité a lu l’« Enoncé de la Vision ». Un nouveau réseau de lutte contre la traite des femmes et des enfants est né ! Ce réseau est certes nouveau et il lui faudra du temps pour se développer mais l’engagement à communiquer et coopérer est fort et dynamique !